Enjeux et limites des catégorisations dans le contexte des migrations forcées. L’exemple des réfugiés palestiniens et syriens au Liban depuis 2011
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Cet article, croisant les approches géographiques et juridiques, vise à relire de façon critique les catégorisations dans le cadre des migrations contraintes, plus précisément dans des contextes de conflits et de déplacements multiples et secondaires. Il s’appuie sur trois populations : les réfugiés palestiniens du Liban et de Syrie et les réfugiés syriens déplacés au Liban depuis 2011. Ces trois groupes relèvent de deux agences de l’ONU : l’UNRWA et l’UNHCR. Toutes deux exercent dans un pays, le Liban, non-partie à la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés et qui a produit depuis 1948 son propre cadre national de gestion des réfugiés. Il a ainsi adopté sa propre définition de cette catégorie et induit de facto une distinction dans le traitement des populations concernées. Cet article se base sur une analyse des textes et documents officiels produits par les deux agences onusiennes et l’État libanais ainsi que sur des données collectées auprès des trois populations concernées au Liban depuis 2011.
This article takes a critical approach to categorizations in the context of forced migration, with a focus on multiple and secondary conflicts and displacements, by crossing geographical and legal approaches. The article is based on three populations: Palestinian refugees from Lebanon and Syria and Syrian refugees displaced in Lebanon since 2011. These groups are under the jurisdiction of two UN agencies: UNRWA and UNHCR. Both agencies operate in Lebanon, a country that is not a party to the 1951 Geneva Convention relating to the Status of Refugees and that has had its own national refugee management framework since 1948. Lebanon has thus adopted its own definition of this category, leading to a de facto distinction in the treatment of the populations involved. This article is based on an analysis of official texts and documents produced by the two UN agencies and the Lebanese government, as well as data collected from the three populations in Lebanon since 2011.
El objetivo de este artículo, que combina enfoques geográficos y jurídicos, es analizar críticamente la categorización en el contexto de la migración forzada y, más concretamente, en el de los conflictos y desplazamientos múltiples y secundarios. Para ello, se basa en tres poblaciones: los refugiados palestinos de Líbano y Siria, y los refugiados sirios desplazados en Líbano desde 2011. Estos tres grupos dependen de dos agencias de la ONU: UNRWA y ACNUR. Ambas agencias operan en Líbano, un país que no es parte de la Convención de Ginebra de 1951 sobre el Estatuto de los Refugiados y que, desde 1948, ha desarrollado su propio marco nacional para la gestión de los refugiados. Por tanto, ha adoptado su propia definición de esta categoría, lo que da lugar a una distinción de facto en el tratamiento de las poblaciones afectadas. Este artículo se basa en un análisis de textos y documentos oficiales elaborados por las dos agencias de la ONU y el Gobierno libanés, así como en datos recopilados entre las tres poblaciones afectadas en Líbano desde 2011.